6 avril 1921-2025 : les congolais se remémorent le combat de Simon Kimbangu et la conscience africaine
Le 03 avril 2023, le président Tshisekedi consacrait le 06 avril «journée de commémoration du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine», réalisant sa promesse faite à l'église Kimbaguiste lors de la commémoration du centenaire de cette grande communauté au Kongo-central. Tombant dimanche cette année, cette journée est célébrée, ce samedi 5 avril, une manière de faire revivre dans l’esprit de tous les congolais la mémoire de cet homme qui a lutté contre le colonialisme, préconisant une liberté de pensée en tant que noirs.
Bien avant l’ordonnance présidentielle, reconnaissant cette journée chômée et payée sur toute l'étendue de la République, les fidèles de l'église Kimbanguiste de Kinshasa marchent tambour battant de quatre coins de la ville pour rejoindre le centre d'accueil Kimbaguiste de la commune de Kasa-Vubu, où se tient depuis toujours un culte d'action de grâce à l'occasion de cette journée qui marque le début du ministère prophétique de Simon Kimbangu, exactement le 6 avril 1921, étant jeune, il avait déclaré avoir eu une apparition de Jésus, qui lui aurait permis d'accomplir une résurrection sur Nkiantondo (une jeune fille).
Zoom sur le ministère et le combat du prophète Simon Kimbangu
Simon Kimbangu, né le 12 septembre 1887 à Nkamba dans l'actuel Kongo Central et mort le 12 octobre 1951 dans la ville d'Élisabethville, est considéré par ses fidèles comme un « envoyé spirituel » congolais. Il devient prédicateur dans les années 1920 et fonde en 1921 à Nkamba un mouvement religieux qui donnera naissance au Kimbaguisme. Arrêté et jugé, il meurt après une longue détention d'une trentaine d'années. Son action a généré l'émergence de cette église Kimbanguiste qui perdure et rend visible également un mouvement de nature plus politique contre le pouvoir colonial, qui a pris ensuite d'autres formes.
Les archives confient qu’Il est baptisé par la Baptist Missionary Society en 1915 et est formé pour devenir catéchiste. En 1919, il part à Léopoldville dans l'espoir d'y trouver du travail et cherche sans succès de se faire embaucher par les Huileries du Congo belge. Il se rend chez une femme, dont il entend dire qu'elle estgravement malade et il l'a guérie par imposition des mains. Au cours des semaines suivantes, il guérit plusieurs personnes.
Les nouvelles des guérisons se répandent,et attirent beaucoup de monde à Nkamba, ce qui alarme les autorités coloniales, en l'occurrence Léon Morel, commissaire de district. Le 6 juin 1921, à la tête d'une colonne de la Force publique, il se rend à Nkamba en vue d'appréhender Simon Kimbangu. La tentative échoue et Kimbangu parvient à s'enfuir. Néanmoins, plusieurs dirigeants du mouvement sont arrêtés et emmenés à Thysville. Les soldats de Morel ayant tiré à balles réelles, on relève un mort et plusieurs blessés.
En septembre 1921, Kimbangu se rend spontanément aux autorités coloniales. Celles-ci le traduisent devant un conseil de guerre. Ce procès s'appuie sur « un acte d'accusation faussé, une procédure arbitraire » selon le Centre de recherche et d'information socio-politiques. Au bout de trois jours, il est condamné à mort, à la suite d'un jugement qui cite les propos de Simon Kimbangu indiquant que « la colonisation allait finir et devait finir » Le Roi Albert Ier décide de commuer sa peine en détention à perpétuité. Les autorités coloniales transfèrent Kimbangu à la prison d'Élisabethville au Katanga. Il y reste enfermé jusqu'à sa mort le 12 octobre.
Actuellement, le chef spirituel et représentant légal de l’Église Kimbanguiste est Simon Kimbangu Kiangani, fils de Salomon Dialungana Kiangani. Il est en fonction depuis 2001. Depuis 1987, elle est appelée « Église de Jésus Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu » (EJCSK).
Exaucé KRANE