• Publié le 15 Mars 2026
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Accès des femmes au professorat : « Les critères sont les mêmes, mais les obstacles socioculturels pèsent », souligne la professeure Clémentine Sangana

Dans une interview accordée samedi 15 mars à echo.cd, la sociologue Clémentine Sangana Biduaya, docteure en sociologie, professeure à l’Université de Kinshasa et chargée de programme à ONU Femmes/RDC, a analysé les obstacles qui freinent l’accès des femmes aux carrières professorales. Selon elle, il n’existe pas d’obstacles institutionnels formels, car les conditions d’accès à la carrière académique sont identiques pour tous.

« Pour devenir professeur d’université, il y a des critères clairs. Il faut notamment avoir terminé sa licence avec mention distinction et remplir d’autres exigences académiques au fil du parcours. Homme comme femme, nous sommes placés devant les mêmes conditions », explique-t-elle. Pour cette universitaire, les règles qui régissent la progression dans la carrière professorale ne font donc aucune distinction entre les sexes.

Toutefois, elle reconnaît que les facteurs culturels et sociaux continuent d’influencer la faible représentation des femmes dans le corps professoral. « Dans la société, on rappelle souvent à la femme qu’elle doit se marier et avoir des enfants. Or, devenir professeur d’université demande de longues années d’études et de recherche. Ces attentes sociales peuvent parfois décourager certaines femmes », souligne-t-elle, évoquant également les contraintes liées à la maternité et aux réalités physiologiques.

S’agissant de la promotion académique, Clémentine Sangana insiste sur le fait que les critères restent identiques pour tous : production scientifique, publications ou ouvrages. Elle admet cependant que des préjugés peuvent parfois intervenir dans le traitement des dossiers. « Les critères sont les mêmes, mais il peut arriver que certains préjugés influencent le processus. Cela reste rare, mais cela existe », précise-t-elle.

Pour réduire les inégalités, la professeure plaide pour des politiques publiques et universitaires plus volontaristes afin d’encourager les femmes à s’engager dans la carrière scientifique. Elle recommande notamment des bourses ciblées et des politiques de discrimination positive. « Les femmes ont souvent moins de moyens financiers pour mener leurs recherches. Des programmes de bourses avec des quotas pour les femmes peuvent réellement accélérer leur accès au professorat », conclut-elle.

Exauce Lompema