• Publié le 11 Nov. 2025
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Assainissement à Kinshasa : Un défi quotidien englouti par des programmes et promesses inefficaces

Kinshasa, la capitale de la RDC, qui compte près de 20 millions d’habitants, fait face à une crise majeure de gestion des déchets, aggravée par une gouvernance déficiente et des infrastructures insuffisantes. La production journalière moyenne des déchets solides dans la ville de Kinshasa est estimée à 10 000 tonnes, 10% seulement sont collectés. Malgré les multiples programmes et promesses des autorités, la situation reste alarmante.

Une situation préoccupante

Le manque d'assainissement à Kinshasa entraîne des inondations, des problèmes de santé publique (maladies diarrhéiques, etc.), des risques environnementaux (pollution de l'eau, dégradation des écosystèmes) et des inégalités sociales. L'accumulation de déchets bloque les systèmes de drainage, provoquant des inondations dévastatrices, tandis que la mauvaise gestion des eaux usées contamine les sources d'eau potable, favorisant la propagation de maladies. Ces problèmes affectent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, renforçant les inégalités sociales et économiques.

L'omniprésence des déchets dans la ville de Kinshasa est devenue une réalité incontournable, la majorité des kinois jettent leurs déchets partout sans craintes ni hontes dans la rue, caniveau, cours d'eau,...

Un des Kinois rencontrés décrit ce problème: « J’ai vu les travaux d’assainissement qui ont été faits ici il n’y a même pas deux semaines, mais les immondices commencent déjà à remplir ce caniveau…Le problème, c’est que les gens qui habitent aux coins des avenues ont l’habitude de vider leurs poubelles dans les caniveaux ». Témoignage d'un habitant sur Radio Okapi.

Programmes et promesses : un constat amer

Depuis plusieurs années, le gouvernement et les ONG ont lancé divers programmes visant à améliorer l'assainissement à Kinshasa. Cependant, beaucoup de ces initiatives n'ont pas abouti ou ont été mal exécutées. Les promesses de construction de centres de tri, de l'installation de poubelles publiques et de systèmes de collecte des ordures n'ont pas été tenues, laissant les habitants dans l'angoisse d'une détérioration continue de leur environnement.

Les fonds alloués à ces projets sont souvent mal gérés, et la corruption constitue un frein majeur à l'implémentation efficace des solutions. Les citoyens, déçus par le manque de résultats tangibles, expriment leur frustration, appelant à des actions concrètes et à une meilleure gouvernance.

« La corruption, le recrutement des agents sans expertises, la mauvaise planification des activités, le non respect de cadre réglementaire, l'absence des actions de sensibilisation, l'absence des sanctions, sont à la base de l'échec de différents programmes d'assainissement mise à la place dans la ville de Kinshasa» constant de l'environnementaliste ingénieur Maurice Mwaiyanga.

Vers une solution durable

Pour remédier à cette situation, il est crucial d'adopter une approche intégrée qui implique à la fois les autorités, les experts, les chefs des quartiers, la police et la population. L'éducation environnementale, la sensibilisation des populations et la participation active des citoyens peuvent jouer un rôle clé dans l'amélioration de l'assainissement.

L’élaboration du Plan stratégique d’assainissement de la ville de Kinshasa adaptée au contexte de chaque quartier, avec la participation des parties prenantes cité ci-haut, doit servir comme une boussole dans la mise en pratique de cette politique de la gestion intégrée et de développement de l’économie circulaire.

« Avec la perspective de la mise en place d'une.stratégie d'assainissement communautaire, la ville de Kinshasa créer plusieurs emplois, générer des revenus, rendre la ville propre et Changer les comportements des kinois».

Il est également essentiel de renforcer la transparence dans la gestion des ressources allouées à l'assainissement et d'assurer un suivi rigoureux des programmes. L'implication des partenaires internationaux et des ONG doit se faire de manière coordonnée pour maximiser l'impact des interventions.

« Comme dans d'autres villes d'Afrique, la création de la police environnementale chargées de faire respecter les lois et réglementations relatives à l'environnement reste une priorité. Leurs missions principales incluent le contrôle des activités polluantes, la protection de l'environnement, ainsi que la lutte contre les atteintes à l'environnement. Ces agents, qui possèdent des pouvoirs de police, peuvent effectuer des surveillances, des enquêtes et des contrôles auprès de professionnels et de particuliers. Dans le contexte de la ville de Kinshasa, leurs missions seront plus de sensibiliser, contrôler et sanctionner ».

L'assainissement à Kinshasa représente un défi quotidien qui ne peut être résolu par des promesses vides ou des programmes inefficaces. Un engagement ferme et une volonté politique authentique sont nécessaires pour améliorer les conditions de vie inacceptables des habitants conformément à l'article 53 de la constitution. La santé et le bien-être des millions de Kinois en dépendent . Il est grand temps d'agir avec détermination et responsabilité.

Ingénieur Maurice Mwaiyanga, Eco-Activistes, Environnementaliste et Entrepreneur social