Boma : L’ONG ADEV outille les leaders communautaires face aux défis du méga-projet hydroélectrique Inga 3
C’est un tournant décisif pour les populations locales du Kongo Central . Du 25 au 27 mai 2026, la ville de Boma accueille, au sein de la salle Only God Knows, un atelier crucial axé sur « La Délocalisation et les Normes Environnementales et Sociales (NES) de la Banque mondiale » . Initiée par l’ONG Actions pour les Droits, l’Environnement et la Vie (ADEV), cette rencontre vise à renforcer les capacités des leaders communautaires face aux bouleversements majeurs que s’apprête à engendrer le développement du projet hydroélectrique Inga 3 . Si ce méga-projet suscite d’immenses attentes économiques et énergétiques pour la République Démocratique du Congo, son ampleur géostratégique s’accompagne d’impacts environnementaux et sociaux profonds . Les enjeux sont de taille : délocalisation des populations, perte de terres coutumières, altération des moyens de subsistance et impératif de protection des droits humains .
L’urgence d’une telle démarche est renforcée par un lourd passif historique dans la région . À Inga, le spectre du Clan Makhuku Futila, aujourd’hui sans terre et privé de toute compensation après avoir été exproprié lors des premiers aménagements de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) rappelle la nécessité absolue d’un cadre protecteur . Pour éviter la répétition de ces drames du passé, l’atelier réunit autour d’une même table des délégués de la Banque mondiale, de l’Agence pour la promotion et le Développement du Projet Inga 3 (ADPI), de l’ACE, d’ACTEDD, de l’Institut Ebuteli, ainsi que des représentants du Gouvernorat de province et de la société civile . Ensemble, aux côtés des leaders d’Isangila, Lufu, Luozi, Songololo et de l’agglomération d’Inga, ils décortiquent les mécanismes internationaux de gestion des plaintes, le plaidoyer et les principes de réinstallation involontaire .
À l’issue de ces trois jours alternant exposés-débats et travaux en carrefour, les participants entendent poser les bases d’une vigilance citoyenne structurée . Les organisateurs tablent sur une maîtrise rigoureuse des normes de la Banque mondiale par les communautés locales et sur la formulation de recommandations claires . L’objectif final est sans équivoque : doter les leaders communautaires d’une véritable feuille de route pour que la transition énergétique de la RDC ne se fasse plus au détriment de ceux qui vivent sur ses terres .
Rémy mbuyi