Coup d’État en Guinée-Bissau : les militaires interrompent le processus électoral et s’emparent du pouvoir
Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé ce mercredi 26 novembre, avoir pris le contrôle total du pays, suspendu le processus électoral et fermé les frontières, plongeant une nouvelle fois la nation ouest-africaine dans l’incertitude politique. Leur déclaration, lue depuis le siège de l’état-major à Bissau, intervient alors que la population attendait toujours les résultats de la présidentielle et des législatives tenues dimanche.
Plus tôt dans la journée, des tirs avaient été entendus aux abords du palais présidentiel, et des hommes en tenue militaire avaient bloqué l’artère principale menant vers l’édifice. Ce nouvel épisode de tensions ravive le passé instable de la Guinée-Bissau, marquée depuis son indépendance en 1973 par quatre coups d’État et de multiples tentatives de putsch.
Cette intervention militaire survient dans un contexte électoral particulièrement tendu. Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, et son rival de l’opposition, Fernando Dias da Costa, avaient chacun revendiqué la victoire avant même la publication officielle des résultats, attendus jeudi et soumis à validation par la Cour suprême. Dans un pays où les proclamations électorales entraînent régulièrement des contestations, cette rupture brutale du processus démocratique ravive les craintes d’une nouvelle crise prolongée.
Exaucé KRANE