• Publié le 20 Déc. 2025
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Crise dans l’Est de la RDC : le VPM Shabani estime que seules des «sanctions ciblées» contre les États et les personnes impliqués pourront ramener la paix durable

Réunis vendredi 19 décembre à Strasbourg, des responsables politiques et diplomatiques ont tenu une réunion consacrée à la situation humanitaire et sécuritaire dramatique dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les intervenants ont dénoncé les violences persistantes, les massacres et les viols de masse qui frappent les populations civiles. « Je suis profondément attristé de devoir convoquer une nouvelle réunion sur cette tragédie humaine », a déclaré l’un des orateurs, rappelant que « la ville d’Uvira est récemment tombée entre les mains du M23 soutenu par le Rwanda », avec des risques accrus d’extension du conflit à l’échelle régionale.

Prenant la parole par visioconférence, le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité de la RDC, Jacquemain Shabani, a livré un témoignage alarmant. « La situation ne fait que se dégrader dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu », a-t-il déclaré, évoquant « une dégradation profonde et systématique de la situation sécuritaire, humanitaire et administrative ». Selon lui, près de 22.000 victimes ont été documentées, dont « des milliers de personnes massacrées, exécutées, violées ou déplacées de force ». Il a appelé la communauté internationale à agir sans délai : « Ce n’est qu’à travers des sanctions ciblées contre les États et les personnes à la tête de cette ignominie que nous pourrons les faire reculer et ramener la paix durable en RDC. »

Les participants ont pointé du doigt l’intensification des combats et l’usage de nouveaux moyens militaires. « Des rapports crédibles font état d’un recours accru aux drones suicides et à l’artillerie, y compris des frappes en direction du Burundi », a-t-il été souligné, estimant que « sous couvert d’un discours de paix, le Rwanda entraîne la région vers davantage d’instabilité et de guerre ». Face à cette situation, les appels se sont multipliés en faveur de mesures contraignantes. « Les condamnations ne suffisent plus. Il faut des sanctions, car c’est le seul langage que comprennent les dictateurs », a insisté un intervenant, plaidant pour l’application intégrale de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Exauce Lompema