Démissions de Bahati Lukwebo et Vital Kamerhe : « vous auriez dû rester fermes, quel que soit le prix à payer», déplore Denis Mukwege contre leur loyauté renouvelée à Félix Tshisekedi
Le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege a salué, samedi 21 mars, les démissions de Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo respectivement au poste de président de l’Assemblée nationale et de deuxième vice-président du Sénat. Il décèle la cause : leur opposition contre un éventuel projet de changement de la Constitution porté par « les courtisans » du régime en place à deux ans de la fin du dernier mandat du président, Félix Tshisekedi.
Ces prises de position traduisent, selon lui, un signe de noblesse pour un représentant du souverain primaire de prendre le courage de dire la vérité en cette période où le pays est en guerre. « Vous auriez dû accepter de mourir dignement et ne pas pourrir en quémandant la grâce», s’est-il adressé aux deux caciques de l’Union sacrée pour fustiger leur attitude de réitérer la loyauté au président pourtant « ils auraient dû rester fermes, quel que soit le prix à payer».
Candidat malheureux à la présidentielle de 2023, Denis Mukwege a exhorté Félix Tshisekedi à « ne pas suivre les tambourinaires, selon leur propre expression », car, « ils sont là pour leurs intérêts personnels et non pour l'intérêt supérieur de la Nation », a-t-il ajouté dans un communiqué, l’avertissant que ces personnes peuvent « vous poignarder dans le dos, comme l'ont fait certains caciques et ténors du régime précédent contre leur “autorité morale” qu'ils défendaient ».
Au-delà des individus, Mukwege questionne également le fonctionnement même de la démocratie en RDC. Selon lui, la peur de sanctions politiques étouffe toute voix dissonante, inversant le rôle des élus qui doivent représenter le peuple et exercer un contre-pouvoir. Il appelle à la dignité et au courage politique, invitant les dirigeants à rester fidèles à leurs convictions et à privilégier l’intérêt général plutôt que les louanges faciles, sous peine de fragiliser durablement la gouvernance nationale.
Obed Vitangi et Henock Mukuna