• Publié le 30 Oct. 2025
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Fixation des prix sur le marché : entre régulation de l’État et spéculation des opérateurs économiques, Jacques Mamba éclaire l’opinion

Face à la flambée récurrente des prix sur les marchés congolais, le média ECHO.CD a posé ce jeudi 30 octobre, la question suivante : « La fixation des prix sur le marché congolais dépend-elle de la fluctuation du dollar, des décisions de l’État ou de la volonté des opérateurs économiques ? » Pour y répondre, l’économiste Jacques Tshieya Mamba a apporté une analyse détaillée, soulignant que ces trois facteurs sont étroitement liés et participent conjointement à la formation des prix des biens et services en République démocratique du Congo.

Selon lui, la dollarisation de l’économie congolaise demeure l’un des principaux déterminants de la volatilité des prix. « La RDC fonctionne essentiellement sur une économie dollarisée. Quand le dollar monte, les importateurs doivent dépenser plus de francs congolais pour acquérir les mêmes marchandises. Cela entraîne une répercussion immédiate sur les prix », explique-t-il. L’économiste précise que cette situation est aggravée par la méfiance du public envers le franc congolais, poussant de nombreux commerçants à indexer leurs prix en devises étrangères, même lorsque les conditions réelles du marché ne le justifient pas.

Mamba Tshieya Jacques évoque ensuite le rôle de l’État congolais dans la régulation des prix. Il reconnaît que le gouvernement dispose de plusieurs leviers pour encadrer les coûts, notamment à travers la fixation des prix des produits stratégiques tels que les carburants, les denrées agricoles subventionnées ou encore les matériaux de construction. « L’État peut intervenir en ajustant les taxes à l’importation ou en encourageant la production locale afin de réduire la dépendance extérieure », souligne-t-il. Toutefois, il estime que « la faiblesse du contrôle étatique et le manque de suivi sur le terrain laissent parfois libre cours à la spéculation », compromettant ainsi l’efficacité de ces mesures.

Abordant la volonté des opérateurs économiques, l’économiste dénonce le comportement souvent spéculatif de certains acteurs du marché. « Lorsqu’il y a dépréciation du franc congolais, les commerçants augmentent rapidement les prix. Mais quand la monnaie nationale s’apprécie, ils ne les révisent pas à la baisse », regrette-t-il. Pour lui, ce déséquilibre découle à la fois d’un manque de transparence dans la formation des prix et d’une absence de sanctions dissuasives contre les abus. Il appelle donc à une meilleure régulation et à un suivi rigoureux des pratiques commerciales.

En conclusion, Mamba Tshieya Jacques rappelle que la fixation des prix en RDC résulte d’un ensemble de facteurs interdépendants : la fluctuation du dollar, les décisions économiques de l’État et les comportements des opérateurs du marché. Il plaide pour « un encadrement plus ferme de la part des autorités, une transparence accrue dans la chaîne de valeur et une relance de la production locale », afin de restaurer la stabilité monétaire et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs congolais.

Exauce Lompema