• Publié le 30 Déc. 2025
  • Lecture 287

IFES étend son empreinte en République Démocratique du Congo

Le programme She Leads de la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) grâce à l'appui financier de FCDO, élargit ses zones d’intervention en République démocratique du Congo, dans les provinces de Lualaba et Maï Ndombe. Porté par l’expertise électorale, le leadership et l’égalité de genre, le programme met en place un dispositif pour outiller les femmes afin qu’elles prennent une part active et influente dans leurs communautés respectives.

Conçu autour de modules débutant, intermédiaire et avancé, le module I de la formation She Leads vise à transmettre aux bénéficiaires les compétences pratiques et les connaissances nécessaires pour occuper des rôles de premier plan : femmes politiques influentes, responsables communautaires et actrices de politiques sociales et publiques. Fort de ce succès, le programme compte aujourd’hui 160 femmes bénéficiaires formées du Module 1 She Leads dans les provinces de la Tshopo, Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Mai-Ndombe et Lualaba.

Le dynamisme continue de s’amplifier. Chaque formation est adaptée au contexte culturel et aux priorités locales, tout en contribuant aux objectifs de développement durable. Audelà des compétences, She Leads favorise la synergie et a mis en place un réseau dénommé « Réseau She Leads », où les bénéficiaires partagent leurs expériences de l’ouest, centre, sud et de l’Est de la RDC. Ces femmes deviennent de plus en plus des actrices du développement et mènent des actions portées par une vision commune et d’un leadership. Le programme favorise les alliances entre les acteurs et actrices de la société civile, les autorités locales et, afin de permettre aux bénéficiaires de se connecter, de comprendre et de coordonner certaines actions de sensibilisation et de plaidoyer communautaire.

Protection et redevabilité

Consciente des risques auxquels peuvent être exposées les bénéficiaires, IFES a intégré un mécanisme de sauvegarde, avec des canaux de communication sécurisés et des ressources de protection. Ce dispositif garantit aux bénéficiaires de participer en toute sécurité tout en protégeant leur dignité tout au long du projet.

De l'Exclusion à la Force : Un Voyage vers l'Autonomisation des Jeunes Filles Albinos

Déborah Kabemba Mwelwa, communément appelée Blanche, activiste œuvrant pour les droits des personnes atteintes d’albinisme dans la ville de Kolwezi.

« Pendant longtemps, j’ai hésité à entreprendre quoi que ce soit. La peur de l’échec me paralysait et je ne me sentais pas à la hauteur. Comme beaucoup de jeunes filles vivant avec l’albinisme, je me sentais exclue, ce qui m’a conduit à m’interdire toute initiative. Lors du lancement du programme She Leads en novembre 2025, j'ai vécu un véritable déclic : j'ai réalisé que mon albinisme n'était pas un handicap, mais au contraire une source de force. J'ai développé la résilience, peu importe les circonstances.

Grâce à l’accompagnement technique de IFES et à l’appui financier du FCDO, au début du mois de décembre, j'ai rassemblé d'autres jeunes filles albinos de mon quartier pour engager des discussions et transmettre la matière apprise sur la confiance en soi (apprendre à s’accepter pleinement, sans attendre l'approbation des autres, Surmonter la peur : comprendre qu'échouer fait partie du chemin vers la réussite, Oser affirmer sa place : ne pas rester dans l'ombre, mais exprimer son opinion et diriger des projets, même en situation de handicap).

En me voyant parler avec assurance devant les jeunes femmes vivant avec albinisme, je suis devenue leur modèle. Cela m’a permis de briser la peur et de devenir une nouvelle personne.

Laureine Kapend Tshisol : Du plaidoyer spontané au plaidoyer structuré

Je suis Laureine Kapend Tshisol, cadre au sein du parti politique LGB. Avant ma participation au programme She Leads, je menais des activités de plaidoyer dans ma communauté, mais je les abordais de manière dispersée, sans connaître les étapes à suivre ni les règles essentielles pour bien conduire un plaidoyer.

Après avoir suivi la formation Module I She Leads « Introduction au plaidoyer » , j’ai compris que mes actions de plaidoyer n’étaient pas suffisamment cadrées. Cette formation m’a permis d’acquérir une méthodologie claire et des outils pratiques. Aujourd’hui, je suis en mesure de mettre en place des actions de plaidoyer structurées, en respectant les étapes nécessaires et en élaborant les documents indispensables pour assurer le suivi et obtenir des résultats concrets.

Grâce à IFES et au bailleur de fonds FCDO pour le lancement du programme She Leads dans la province du Lualaba. Cette initiative m’aide énormément à m’élever en tant que femme leader de ma communauté de Dilala et à renforcer mon rôle dans la promotion du changement.

De l’ombre à la lumière : Nadine Botuli s’engage pour le changement de la communauté PAP

Nadine Botuli BOTOPE, peuple autochtone pygmée (PAP). J’ai grandi dans l’ombre de l’injustice d’un peuple non considéré, marchant 15 km à pied depuis mon village vers la ville d’Inongo avec le sentiment pesant d’appartenir à un peuple ignoré, et j’étais toujours dans la servitude des Bantous. Une vie de dépendance forcée envers les autres faisait bouillir en moi une révolte que j’étais obligée d’étouffer, car dans mon monde d’antan, la voix d'une femme autochtone ne semblait avoir aucune valeur.

Le tournant décisif est survenu lors de la formation « Module I SHE LEADS » de IFES. Pour la première fois, je n’étais pas une simple figurante, j’étais écoutée, respectée et valorisée comme une actrice du changement en devenir. J’ai réalisé que mon identité de femme PAP était une force et que je possédais le pouvoir de porter le développement de ma province.

Bravant les intempéries et la distance de mon village à la ville, je suis retournée dans mon village grâce à l’accompagnement technique de IFES et à l’appui financier du FCDO pour organiser une sensibilisation auprès de ma communauté PAP sur les processus électoraux, transformant ma frustration passée en une mission d’ambassadrice. Je ne suis plus celle qui marche en silence derrière les autres ; je suis devenue une porteuse d’espoir pour mon peuple, qui m’attend désormais avec impatience pour poursuivre ensemble ce combat contre l’ignorance et être élues aux élections provinciales de 2028 afin de porter la voix des PAP dans l’assemblée provinciale.

L’éveil à l’engagement politique grâce à la formation She Leads

MBOLIASA Norvège, doublement licenciée en Santé communautaire et en Soins généraux, j’exerce comme infirmière superviseure à l’Hôpital général d’Inongo. Pendant de nombreuses années, ma vie et mon énergie se sont concentrées sur la prise en charge des malades et la gestion des services de santé. Je n’avais jamais imaginé un avenir dans la politique.

Le privilège d’avoir suivi la formation organisée par IFES, avec l’appui financier du FCDO, a été une véritable révélation. J’ai compris que mes compétences et mon énergie n’étaient pas mal orientées, mais simplement sous-exploitées quant à l’impact que je pouvais avoir sur ma communauté. La formation « Module I She Leads » m’a donné l’élan nécessaire pour me révolter positivement et revendiquer une place pour les femmes de la province de Mai-Ndombe.

De journaliste à actrice de développement

Journaliste à la radio communautaire SADEM depuis près de sept ans, LESAUYE ATEKANTUINTIDE s’engage en politique après la formation du premier module She Leads sur le leadership et d’autres thématiques. Grâce aux orientations techniques IFES j’ai organisé une toute première activité de sensibilisation, encourageant les femmes à intégrer les partis politiques et à briguer des postes de décision. Cette activité m’a donné la force d’élargir mon engagement au-delà des ondes radio, vers des actions de masse et des conférences-débats au sein de ma communauté.

Je m’engage aujourd’hui à changer les choses tout en combinant mon expérience journalistique pour ma communauté, à travers plusieurs actions de sensibilisation à la prise de conscience et à l’engagement dans la chose publique, afin d’améliorer nos conditions de vie.

De l’agronomie au leadership civique dans la province de la Tshopo

Nellas BAUMA GEENA, ingénieure agronome de formation et agent de l’État à la Division provinciale du Genre, Famille et Enfants de la province de TSHOPO et fondatrice du Réseau des Femmes Ingénieurs Agronomes du Congo.
Depuis ma participation au formation du programme She Leads, j’ai fait de la promotion des droits humains sur terrain est cela est devenue mon cheval de bataille.

« Le programme She Leads m’a permis de découvrir le potentiel qui est en moi. À l’heure actuelle, rien ne peut stopper mes ambitions de participer à la gestion de la chose publique dans mon pays en général et dans ma province en particulier. Je reste déterminée à mettre mes connaissances au service de ma communauté, en luttant contre l’ignorance. Merci à IFES pour le renforcement de mes capacités ! »

Aujourd’hui, je me considère comme faisant partie d’une nouvelle génération de femmes leaders, prêtes à transformer nos compétences techniques en leviers d’action.

Merveille BUIMPE BALANGANAYI : Ambassadrice des Objectifs de Développement Durable au sein du Programme She Leads Kasaï

Communément appelée "Maman 2030, 50-50 c'est maintenant" par ma communauté et les autorités de ma ville , grâce au programme "She Leads".

Partout où je vais, ceux qui ont participé à mes activités de plan d’action me saluent en disant "Maman 2030, 50-50 c'est maintenant." Ce slogan est devenu une référence pour moi et cela constitue une manière de vulgariser le cinquième Objectif de Développement Durable ainsi que l'Agenda 2030.

Pour pérenniser les résultats de mes sensibilisations, j'ai créé un réseau appelé "2030, 50-50" dans chaque commune de la ville de Tshikapa. À ce jour, j'ai mis en place quatre réseaux dans les cinq communes de la ville. Pour l'avenir, j'envisage d'accompagner les responsables des comités communaux dans l'organisation et l'implantation de mon réseau dans leurs juridictions respectives de Tshikapa.

Malgré les défis que je rencontre en tant que femme dans ma communauté, tels que la restriction du cercle de prise de parole en public pour les jeunes filles, les pesanteurs coutumières et les moyens financiers limités, j’essaie toujours de faire de mon mieux pour garder le cap.