• Publié le 19 Nov. 2025
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Kinshasa : Aïcha Mokoyo plaide pour l’accompagnement des filles-mères dans la réinsertion sociale

La question des filles-mères à Kinshasa constitue un enjeu social majeur, profondément enraciné dans les réalités culturelles, économiques et morales de la société congolaise. L’image et le traitement réservés à ces jeunes femmes mettent en lumière les contradictions d’une capitale à la fois tournée vers la modernité et encore fortement attachée à ses traditions. Au micro d’ECHO.CD, Aïcha Mokoyo, fille-mère et victime de discriminations, s’est exprimée lundi 17 novembre sur l’indifférence et les jugements dont elles font l’objet au quotidien.

« Devenir fille-mère est considéré comme une honte, mais cela ne devrait pas nous priver de la considération de nos proches ou de la société », a-t-elle confié. Elle appelle ainsi la communauté congolaise à bannir les préjugés et à adopter un regard plus humain : « Être une fille-mère n’est pas un péché. Nous méritons d’être encouragées, soutenues et accompagnées vers la réinsertion sociale… Le rejet n’a jamais été une solution. »

Concernant cette réinsertion, Aïcha Mokoyo exhorte l’État congolais à mettre en place des programmes structurés afin d’aider les jeunes mères à se reconstruire. Elle plaide notamment pour la création d’ateliers de formation, de sessions d’apprentissage et de mécanismes d’accompagnement social visant à leur permettre de regagner confiance en elles. « Beaucoup de jeunes filles confrontées à des grossesses non désirées, souvent provoquées par des hommes irresponsables, sombrent dans la dépression. Pour les aider à se relever, l’État doit instaurer un programme d’accompagnement psychologique et de rééducation », a-t-elle conclu.

Jemima Mukuna