Kinshasa : face à l'anarchie routière, le VPM de l'Intérieur veut remettre de l'ordre dans les rangs de la PCR
Le vice-premier ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani, a présidé ce lundi 5 mai, à Sultani River, la cérémonie d'ouverture officielle de l’atelier de renforcement des capacités destiné aux inspecteurs de l’Inspection générale de la police ainsi qu’aux cadres de la Police de la Circulation Routière (PCR) du commissariat provincial de Kinshasa. Par cette occasion le VPM de l’Intérieur n’a pas caché son indignation face à la situation actuelle : « la circulation routière ne me rassure pas, elle ne sécurise plus personne », a-t-il lancé, dénonçant l’absence de sanctions internes et le laisser-aller généralisé au sein des unités responsables de la circulation.
Cette rencontre vise à améliorer les performances et l’intégrité des agents en charge de la régulation du trafic urbain, dans un contexte où la circulation routière dans la capitale congolaise est marquée par un désordre persistant et inquiétant suite aux embouteillages, brutalités contre les usagers et le phénomène des "tontines" illégales (communément appelées likelemba ou madesu ya bana) et le racket organisé en lien avec certaines hiérarchies internes, constituent une menace grave à la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui milite pour un État de droit, dénonce Jacquemain Shabani.
Le vice-premier ministre a souligné que la régulation routière n’était plus perçue comme un service de sécurité publique, mais plutôt comme un facteur d’insécurité et de désordre, avec des conséquences directes sur la vie des citoyens, la fluidité du trafic, et l’image de la police nationale. Sur ce, le VPM de l'Intérieur a appelé à une refonte de la discipline interne, à un suivi rigoureux des agents sur le terrain et à l’instauration d’une culture de responsabilité. Il a aussi encouragé les inspecteurs à faire preuve de professionnalisme et d’exemplarité dans leurs fonctions. Cet atelier marque ainsi le début d’un nouveau cycle de réforme interne pour la PCR, dans le cadre plus large d’un projet de modernisation de la police urbaine engagé par le gouvernement.
Exaucé Lompema