Manque de clients, trafic fluide et écoles désertes : les effets de la ville morte observés à Matete
L’appel à la journée « ville morte » lancé pour ce mercredi 3 juin par la plateforme de l’opposition C64 a eu un impact visible dans plusieurs coins de Kinshasa. Dans la commune de Matete, particulièrement au quartier Banunu aux abords du pont Matete, les activités ont tourné au ralenti. Les écoles sont restées presque désertes et certains élèves qui avaient tenté de se rendre en classe ont été renvoyés chez eux. Les embouteillages habituels observés au rond-point Koko Matete reliant les quartiers Tomba, Mongo et Kinsaku étaient également quasi inexistants.
Les conducteurs de motos-taxis ont exprimé leurs inquiétudes face à la baisse considérable de la clientèle. Rencontré par le média Écho.cd, un motard a déploré cette situation : « Il n’y a pratiquement pas de clients. Habituellement, nous réalisons des recettes de 120 000 à 150 000 francs congolais par jour. Aujourd’hui, nous ne savons même pas si nous pourrons réunir l’argent du versement.»
Du côté des transporteurs en commun, le mécontentement était également perceptible. Un chauffeur de véhicule de type Sprinter a critiqué les initiateurs de cette action. « Les opposants qui ont décrété cette ville morte ont les moyens financiers et leurs enfants étudient à l’étranger. Pendant ce temps, ce sont les travailleurs ordinaires qui subissent les conséquences. C’est vraiment regrettable », a-t-il déclaré.
Malgré l’appel de l’opposition, certains habitants ont préféré poursuivre leurs activités professionnelles. À bord d’un tricycle, un passager a confié : « Je travaille dans une entreprise dirigée par des Indiens. Je ne peux pas m’absenter aujourd’hui, mon employeur n’accepte pas les absences injustifiées. » Cette journée de mobilisation a été initiée par la plateforme C64, qui regroupe plusieurs figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi et Matata Ponyo.
Exauce Lompema