RDC : «instrumentaliser l’affaire Matata Ponyo pour réveiller les tensions tribales est irresponsable et dangereux», Tobie Kayumbi
La condamnation de l'ancien premier ministre, Matata Ponyo, à 10 ans de prison fait couler encre et salive dans la société congolaise. Une communauté dite des Wazalendo du Maniema a dénoncé, mardi 30 mai, après le verdict de la Cour constitutionnelle, une chasse judiciaire contre les ressortissants de cette province, mentionnant également les arrestations de Salomon Kalonda, Seth Kikuni et autres personnalités politiques.
Ce discours est jugé tribal par le député national, Tobie Kayumbi, qui pense qu’instrumentaliser l’affaire Matata Ponyo pour réveiller les tensions tribales est irresponsable et dangereux. «La justice ne juge pas une province, encore moins une ethnie», a-t-il fustigé, précisant que Matata n’a pas été condamné parce qu’il est du Maniema, tout comme Kabund, François Beya, Mike Mukebayi, Vidiye Tshimanga, tous Kasaïens, ont été poursuivis sans que personne ne crie au complot tribal.
Cet élu du Kasaï Oriental a appelé à la cessation des spirales tribales. «Évitons de jouer avec la fibre tribale, surtout dans un pays encore menacé par la balkanisation. La République doit rester au-dessus des appartenances communautaires», a-t-il conseillé.
Henock Mukuna