• Publié le 3 Mai 2025
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RDC: Moïse Esapa recommande l’intégration de l'IA dans la pratique du journalisme pour lutter contre les nouvelles formes des désinformations

A l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse ce 3 mai. Le journaliste du média Balobaki Check, Moïse Esapa a appelé ses confrères congolais à révolutionner la pratique du journalisme. «Ils doivent s’adapter aux enjeux de l’air en utilisant les outils numériques qui servent à la vérification des faits», a-t-il indiqué lors d'une interview accordée à ECHO.CD. Spécialisé dans la vérification des faits, il a recommandé aux journalistes d'être rigoureux dans le traitement des informations et de s'adapter à l'intégration de l’IA dans le métier pour lutter contre la propagation des nouvelles formes de désinformations sur les réseaux sociaux, surtout en cette période marquée par l'agression rwandaise dans l'Est.

Q1/ Le monde célèbre la journée internationale de la liberté de la presse ce 3 mai. Quel aperçu avez-vous de la pratique du journalisme en RDC, particulièrement en cette période de l’agression rwandaise ?

Réponse : la naissance d’un journalisme de patriotisme, où chaque média s’est invité d’une manière ou d’une autre à s’adapter à la situation actuelle. Les uns sont restés fidèles aux faits et les autres ont changé leurs lignes éditoriales. Le métier continue mais avec les camps différents

Q/ Au niveau national le thème choisi est : «Le journaliste congolais face au défi de l'intelligence artificielle : information et désinformation en ce temps de guerre d’agression rwandaise». Face à ces enjeux, comment les professionnels congolais doivent-ils orienter la pratique journalistique ?

Réponse : En cette période, les journalistes ne doivent pas seulement se limiter à la pratique traditionnelle de vérification des informations. Ils doivent s’adapter aux enjeux de l’air en utilisant les outils numériques qui servent à la vérification des faits. C’est vrai que l’IA vient amplifier la désinformation mais avec cette technologie on peut également lutter contre la désinformation. Il faut intégrer l’IA dans la pratique de notre métier.

Q/ Pour éviter de tomber dans ces pratiques, qui entravent parfois le respect du droit de la presse et du code numérique. Quel réflexe doit avoir le journaliste face aux informations publiées sur différentes plateformes numériques où tout le monde court derrière le scoop.

Réponse : Augmenter la rigueur dans le traitement des informations, ne pas partager une information si toutes les preuves ne sont pas réunies. Avoir la maîtrise de l’utilisation des outils numériques d'analyse de données et n’est pas courir derrière le scoop pour éviter le piège de la désinformation.

Q/ Quel rôle attribuez-vous actuellement à l’intelligence artificielle pour la presse, dans un contexte où les gens n’ont pas encore maîtrisé à l’utiliser à bon escient ?

Réponse : Pour l’instant et surtout dans le contexte médiatique congolais, c’est le dark side ( côté sombre) de l’IA qui est présenté. C’est cette IA de désinformation et des fake news, oui, il est vrai que cette technologie vient amplifier la circulation de ce genre de contenu. Puisque l’IA n’est pas totalement intégrée dans la pratique de notre métier, là je vois les médias congolais, on ne saura pas exploiter la potentialité de cette technologie. Elle joue actuellement un rôle d’amplificateur des fausses informations, le géniteur des Deep Fakes dans le contexte médiatique congolais.


Propos recueillis par Henock Mukuna