Réformes structurelles et pérennes : le test de la gouvernance sécuritaire – cas du VPM INTERSEDECAC Jacquemain Shabani (tribune)
Dans un pays comme le nôtre, les réformes de la sécurité ne peuvent être ni ponctuelles ni déclaratives. Elles doivent être structurelles et pérennes. C’est à cette aune que se mesure aujourd’hui l’action du VPM en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango.
Le défi est clair : transformer des initiatives souvent conjoncturelles en politiques publiques durables. Car la sécurité ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, avec méthode, cohérence et constance. Toute réforme qui ne s’inscrit pas dans une logique de continuité est condamnée à produire des résultats éphémères.
Dans ce contexte, la responsabilité du VPM est double. D’une part, impulser des réformes structurelles : clarification des chaînes de commandement, professionnalisation des forces, modernisation des outils et renforcement des infrastructures, notamment à travers les postes de police de proximité. D’autre part, garantir leur pérennité par un ancrage institutionnel solide, un financement stable et un suivi rigoureux.
Mais au-delà des réformes, c’est la question de la gouvernance qui est posée. La coordination entre les différents acteurs, la discipline dans l’exécution et la capacité à éviter les chevauchements de compétences restent des défis majeurs. Une réforme efficace est une réforme pilotée, évaluée et ajustée en permanence.
À cela s’ajoute une exigence incontournable : la redevabilité. La comparution du VPM devant la représentation nationale n’est pas un simple exercice institutionnel ; elle est l’expression même d’une gouvernance moderne, fondée sur l’obligation de rendre compte. Répondre devant les députés, avec clarté et responsabilité, c’est consolider la légitimité de l’action publique.
Enfin, la réussite de ces réformes dépendra de leur capacité à rapprocher la sécurité des citoyens. La proximité sécuritaire, à travers une présence effective sur le terrain et l’implication des entités territoriales décentralisées, demeure un levier essentiel pour restaurer la confiance et prévenir durablement l’insécurité.
En définitive, le cas du VPM INTERSEDECAC constitue un véritable test : celui de la capacité de l’État à conduire des réformes structurelles et pérennes dans un secteur aussi sensible que la sécurité. Au-delà des intentions, seuls les résultats durables feront la différence.
Par Jacques Tshipamba Ntambwe, Consultant en marchés publics, Partenariats Public-Privé et chercheur en New Public Management