Répression du sit-in de l'opposition à Kinshasa : Carbone Beni dénonce une atteinte grave aux libertés démocratiques
Le président du Mouvement Patriotes en Action pour l'Émergence de la République (PACTE) et acteur de la société civile, Carbone Beni, a vivement condamné la répression de la manifestation de l’opposition organisée ce vendredi 12 juin aux abords du Palais du Peuple à Kinshasa. Dans une déclaration rendue publique après les événements, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression brutale » visant des leaders politiques, des militants et des citoyens venus exercer leur droit constitutionnel de manifester pacifiquement.
Selon lui, les images diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias montrent clairement des actes de violence commis contre plusieurs responsables de l’opposition, notamment Martin Fayulu. « Ces scènes de brutalité, auxquelles s’ajoutent des blessés, des arrestations arbitraires et des morts signalées, constituent un signal extrêmement préoccupant pour notre démocratie », a-t-il déclaré.
Carbone Beni a rappelé que la liberté de manifester doit être garantie à tous les citoyens, indépendamment de leurs opinions politiques. « La démocratie n’est pas seulement le droit de soutenir le pouvoir ; c’est aussi le droit de le contester pacifiquement », a-t-il insisté, estimant que les autorités ont l’obligation de protéger aussi bien les partisans du régime que ceux qui s’opposent au projet de changement de la Constitution.
L’acteur de la société civile a également mis en garde contre les conséquences de ces violences sur l’image des institutions congolaises. Selon lui, les coups portés contre des leaders politiques, les arrestations rapportées, les blessés et les décès signalés ne reflètent pas les valeurs d’un État de droit. « On ne peut pas prétendre corriger les dérives du passé tout en reproduisant des méthodes de répression, d’intimidation et de brutalité contre des citoyens qui expriment pacifiquement leur désaccord », a-t-il affirmé.
Enfin, Carbone Beni a appelé les autorités compétentes à faire preuve de responsabilité et de retenue. Il a demandé l’identification des personnes blessées ou détenues, la libération de celles arrêtées sans motif valable ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences survenues lors de cette manifestation. « L’opposition n’est pas l’ennemie de la République ; elle est une composante essentielle de la démocratie. La police doit protéger les citoyens, non les humilier ou les empêcher brutalement d’exercer leurs droits constitutionnels », a-t-il conclu.
Exauce Lompema