Crise dans l’Est : l’Alliance citoyenne pour la patrie échange avec une délégation de déplacés du Nord et Sud Kivu installés à Kinshasa
L’Alliance citoyenne pour la patrie (AP), plateforme de la société civile, a reçu, mercredi 28 octobre 2026, à son siège à Kinshasa, une délégation de plus de vingt personnes déplacées du Nord et du Sud-Kivu, installées dans la capitale depuis dix-huit mois en raison de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Au terme de plus de deux heures d’échanges, plusieurs participants ont exprimé leur adhésion personnelle et volontaire à cette plateforme, dans un contexte marqué par les préoccupations liées à la sécurité et à la cohésion nationale.
Au cours de cette rencontre, les participants ont partagé leurs expériences et déploré les conséquences du conflit armé sur les populations de l’Est du pays. Madeleine Andeka, chargée des stratégies et du plaidoyer au sein de l’AP, a exprimé la compassion de la plateforme envers les personnes contraintes de quitter leurs terres. « Quand vous êtes arrachés de force à votre terre, il reste toujours une douleur qui vous rappelle que vous êtes déplacés. Nous sommes de cœur avec vous », a-t-elle déclaré, réaffirmant ainsi la solidarité de la structure à l’égard des victimes de la guerre.
Pour sa part, le coordonnateur de l’AP, Carbone Beni, a expliqué que l’objectif de la plateforme est de fédérer les forces de la société civile afin de construire des réponses durables aux problèmes auxquels les populations sont confrontées. Interrogé sur le calendrier de cette initiative et ses éventuels liens avec le dialogue national, il a indiqué que « chaque chose a son temps », précisant que certains membres pourraient participer à ce processus indépendamment de l’existence de la plateforme. Il a également proposé le recensement des déplacés internes dans les différentes provinces du pays, en vue de mieux documenter leur situation et de faciliter la recherche de solutions adaptées à leurs besoins.
Prenant également la parole, plusieurs déplacés ont salué cette démarche, qu’ils considèrent comme un espace d’expression et de mobilisation citoyenne en faveur de la paix. Certains ont dénoncé le manque d’attention accordée, selon eux, aux alertes concernant la situation sécuritaire dans l’Est, tandis que d’autres ont appelé à une stratégie plus efficace pour défendre l’intégrité territoriale et protéger les populations. De son côté, le porte-parole de l’AP, Jean-Jacques Lumumba, a présenté la vision, la charte et les actions déjà menées par la plateforme, avant d’exposer ses perspectives. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté de l’Alliance de renforcer la mobilisation citoyenne autour de la paix, de la solidarité nationale et de la recherche de solutions durables à la crise sécuritaire.
Exauce Lompema