• Publié le 3 Mai 2026
  • Lecture 117

De l'activisme de rue vers un contrôle citoyen : Carbone Beni explique l’évolution de son combat entre les régimes Kabila et Tshisekedi

Entre activisme de rue et contrôle citoyen, Carbone Beni président du mouvement Patriote en action pour l'émergence de la République (PACTE) redéfinit son mode d’action, suscitant à la fois interrogations et critiques au sein de l’opinion publique. Lors d’une interview accordée le samedi 2 mai, il a clarifié l’évolution de son engagement citoyen. Face aux critiques sur son absence supposée du terrain, il affirme privilégier aujourd’hui un activisme plus stratégique, axé sur le contrôle citoyen et l’analyse de la gouvernance.

Carbone Beni est revenu sur son parcours militant et sur les critiques liées à sa présence moins visible dans les actions de rue. Interrogé sur la différence entre son activisme sous l’ancien régime de Kabila et l'actuel de Tshisekedi, il a tenu à recadrer le débat en insistant sur la maturité de sa génération politique. Dans ses propos, il rappelle que les jeunes engagés dans les luttes citoyennes des dernières années ne sont « ni naïfs ni guidés par les émotions ». Selon lui, leur combat repose sur deux piliers essentiels : l’intelligence dans les propositions et la conviction portée par l’amour du pays.

Revenant sur la période du régime de Joseph Kabila, Carbone Beni explique que le contexte imposait une mobilisation intense dans la rue. Il évoque notamment les tensions autour du processus électoral et la volonté du pouvoir de prolonger son mandat, ce qui avait conduit les mouvements citoyens, dont Filimbi, à exiger son départ après plusieurs années à la tête du pays.

Aujourd’hui, estime-t-il, la situation politique est différente. Avec l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, issu de l’opposition, le combat ne peut plus être le même. « On ne peut pas demander à un président en plein mandat de dégager comme à l’époque », affirme-t-il, rejetant toute logique de contestation systématique sans analyse du contexte institutionnel.

Carbone Beni plaide désormais pour un activisme orienté vers le contrôle citoyen et l’évaluation des promesses politiques. Il insiste sur la nécessité pour les jeunes de suivre de près la gouvernance actuelle et d’en mesurer les résultats. « Les gens sont habitués à nous voir dans la rue, mais aujourd’hui, le combat est aussi celui du suivi et de l’évaluation. La science sans conscience n’est que ruine de l’âme », souligne-t-il, appelant à un engagement réfléchi plutôt qu’impulsif.

Exauce Lompema