• Publié le 26 Juin 2026
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Débat constitutionnel en RDC : Ritha Tshitoko Pembe plaide pour un nouveau texte face aux réserves de la CENCO

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Le débat sur l'avenir de la loi fondamentale continue de cristalliser les passions en République Démocratique du Congo. Alors que l’épiscopat catholique manifeste son opposition à toute modification textuelle, les voix réformatrices, à l'instar de Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe, montent au créneau pour défendre une refonte globale des institutions.

Le paysage politique congolais est de plus en plus polarisé autour de la question constitutionnelle. Récemment, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a clairement exprimé son hostilité face à tout projet de révision ou de changement de la Constitution, jugeant la démarche inopportune dans le contexte politique et sécuritaire actuel. Une position qui n'a pas tardé à faire réagir le camp des partisans d'une nouvelle République.

Parmi eux, Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe, présidente du Forum des femmes pour la bonne gouvernance et le développement (FFBGD), a pris publiquement position. Pour elle, la Constitution de 2006 a fait son temps et ses origines historiques bloquent aujourd'hui l'essor économique du pays.

Un texte de compromis né de la guerre

Invitée à commenter la sortie des évêques, la présidente du FFBGD a d'abord tenu à replacer l'Église dans son rôle de simple composante de la société civile, rappelant que leur déclaration n'est « *qu'une opinion de Congolais comme tant d'autres, qui n'interdit en rien le changement de la Constitution ».

Pour justifier l'urgence d'une refonte textuelle, Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe critique ouvertement la genèse de l'actuelle charte suprême, qu'elle qualifie de compromis géopolitique imposé par les circonstances de l'époque plutôt que d'un projet de société axé sur le développement :

« La Constitution de 2006 a été mise en place pour apaiser les belligérants issus de la rébellion. Les Occidentaux avaient compris que pour mettre fin à la guerre dans ce pays après le départ de Mobutu, il fallait accepter le partage des postes entre tous ces rebelles en vue d'obtenir le calme dans ce pays riche. Voilà pourquoi une Constitution a été adoptée par des députés nationaux non élus et promulguée par un président de la République qui n'avait pas encore été voté par le peuple congolais. Cette Constitution n'a pas aidé au développement du pays. La preuve : nous avons encore des provinces extrêmement pauvres, et trop de conflits entre les assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux à travers des motions qui n'ont rien à voir avec le développement de leurs entités ».

Rompre avec les blocages et alléger le train de vie de l'État

Au-delà du constat historique, la responsable du FFBGD estime que les institutions actuelles favorisent des replis identitaires et paralysent la gestion des provinces. Selon elle, changer de Constitution permettrait d'injecter une dynamique de redevabilité et de rationaliser les finances publiques.

Elle préconise notamment une rupture Citoyenne et une adhésion population à cette initiative pour une bonne appropriation.
Le changement de la Constitution s'avère une démarche non seulement patriotique mais plus Citoyenne tel que l'article 5 consacre la souveraineté au Peuple de qui émane le pouvoir.

« Nous voulons le changement de la Constitution pour l'adapter aux réalités actuelles du pays et à l'évolution du monde. Cela permettra notamment de mettre fin au principe des gouverneurs originaires de leur province : on pourrait par exemple nommer un natif du Kasaï pour diriger le Kongo Central. Cela éviterait les dysfonctionnements au sein des entités territoriales décentralisées et permettrait au pays de prendre une nouvelle trajectoire de développement. Il faut supprimer les institutions budgétivores qui n'apportent rien à la République afin de permettre à la population de s'y retrouver », soutient-elle.

Cette prise de parole vient renforcer le camp des réformateurs au moment où le pays s'interroge sur la trajectoire de ses institutions. Face à eux, l'opposition politique et une partie des forces religieuses continuent de voir dans ce projet de changement constitutionnel une entreprise politique risquée, susceptible de fragiliser les acquis démocratiques. Le bras de fer ne fait que commencer.





Rémy mbuyi