Dépigmentation de la peau chez les femmes : entre assurance de beauté et autodestruction, Sifa Bamume voit « un bien très néfaste à long terme »
La dépigmentation volontaire de la peau, une pratique qui consiste à utiliser des produits éclaircissants pour modifier la couleur naturelle du teint, prend de l’ampleur dans plusieurs sociétés africaines notamment en RDC. Chez certaines femmes, cette démarche est motivée par le désir de se sentir plus belles, de gagner en confiance ou de répondre aux standards de beauté véhiculés par la société et les réseaux sociaux. Pourtant, derrière cette quête d’un teint plus clair se cachent des risques sanitaires qui suscitent de nombreuses inquiétudes.
Si certaines femmes considèrent la dépigmentation comme un moyen d’améliorer leur apparence physique, les conséquences sur la santé peuvent être importantes. La rédaction d’ECHO.CD est allée à la rencontre de Sifa Bamume, ce mardi 27 octobre, entrepreneure dans le secteur de cosmétique.
Elle estime que cette pratique « est un bien qui est très néfaste à long terme », en insistant que l’utilisation de produits contenant des substances dangereuses, notamment l’hydroquinone à usage non contrôlé, peut provoquer des irritations, de l’acné, un amincissement de la peau, des taches persistantes et d’autres complications. Ces risques soulèvent la question du prix à payer pour répondre aux exigences esthétiques de la société.
Au-delà des conséquences physiques, Sifa Bamume soulève également le rapport des femmes à leur image et à leur identité. « Dans un environnement où la peau claire est parfois associée à la beauté, à la réussite ou à l’élégance, certaines peuvent ressentir une pression sociale qui les pousse à modifier leur apparence », fait-elle savoir.
Cependant, la beauté ne devrait pas être définie par une couleur de peau. La sensibilisation, l’éducation sanitaire et la valorisation de toutes les carnations apparaissent essentielles pour encourager des choix éclairés.
Jemima Mukuna