• Publié le 18 Aôut 2026
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Doha et dialogue national : Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba appellent à distinguer deux processus aux finalités différentes

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une crise à la fois sécuritaire, politique et institutionnelle, la question de l’articulation entre les différents mécanismes de résolution se pose avec insistance. Dans une tribune publiée lundi 17 août 2026, Carbone Beni, président du mouvement social Patriotes en Action pour l’Émergence de la République (PACTE), et Jean-Jacques Lumumba, président du Collectif Restitution Afrique (RAF), proposent de distinguer clairement le processus de Doha du dialogue national.

Pour les deux signataires, le processus de Doha doit rester centré sur la dimension sécuritaire de la crise et les négociations avec l’AFC/M23. « Doha traite d’abord d’une confrontation armée et de ses conséquences sécuritaires », écrivent-ils, appelant à la poursuite de ce processus avec des garanties, des conditionnalités et la pression des partenaires internationaux. Ils lui assignent notamment comme objectifs la cessation des hostilités, la protection des populations, le désarmement et la restauration de l’autorité de l’État.

Le dialogue national, en revanche, devrait s’attaquer aux causes internes qui fragilisent la République. Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba estiment qu’il doit permettre de traiter les « fractures politiques, institutionnelles, sociales et économiques internes » et de répondre aux questions liées à l’avenir démocratique du pays. Ils insistent ainsi sur la nécessité de mener les deux processus simultanément, mais sans les confondre.

Les deux acteurs mettent toutefois en garde contre toute confusion entre négociation politique et règlement de la crise sécuritaire. « Le dialogue national ne doit pas devenir un moyen de banaliser la rébellion armée ou de transformer la prise des armes en mode d’accès à la représentation politique », préviennent-ils. À leurs yeux, Doha doit contribuer au retour de la paix et de l’autorité de l’État, tandis que le dialogue national doit servir à « reconstruire la confiance entre Congolais et à refonder les règles de notre vie commune ».

Exauce Lompema