Genève : la RDC plaide pour la reconnaissance des génocides dans l'Est du pays
À Genève, en Suisse, en marge de la 60? session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a élevé une voix ferme en faveur de la reconnaissance des génocides commis en République Démocratique du Congo. Entouré de ses collègues de la Justice, de la Communication et des Affaires étrangères, il a rappelé que les crimes perpétrés depuis plus de trois décennies par le Rwanda et les groupes armés dans l’Est du pays ne peuvent plus rester ignorés de la communauté internationale.
Le ministre a dressé un tableau sombre mais précis de ces violences : plus de 20 000 incidents documentés, dont 1 555 certifiés, avec près de 67 % liés aux conflits armés et 33,5 % des violations associées aux violences sexuelles. Selon lui, ces atrocités, largement détaillées dans le rapport Mapping des Nations Unies, constituent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri continuent de payer le prix fort de cette instabilité sanglante.
Dans un plaidoyer empreint d’émotion, Samuel Mbemba a interpellé la conscience mondiale : « L’Est de la RDC est la conscience blessée de l’humanité. Ne laissons pas dire aux enfants congolais que leur vie vaut moins que nos téléphones ». Pour Kinshasa, la reconnaissance de ces génocides est une étape indispensable pour briser le cycle de l’impunité, restaurer la dignité des populations et bâtir enfin une paix durable.
Exaucé Lompema