Génocide congolais : Le ministre des Droits humains plaide pour une reconnaissance internationale et invite les congolais à s’approprier le combat
De retour de Genève après avoir pris part à la 60e session de la Commission des droits de l’homme, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a tenu un point de presse ce vendredi 19 septembre à Kinshasa. À cette occasion, il a dénoncé la persistance des violences de masse dans l’Est de la RDC, qu’il a qualifiées de crimes de génocide, en se référant à la définition juridique de l’article 2 de la Convention des Nations Unies. Le ministre a souligné le caractère systématique et intentionnel des atrocités perpétrées contre certains groupes ethniques, affirmant qu’il est temps pour la communauté internationale de reconnaître ces crimes à leur juste gravité.
Le ministre Mbemba a appuyé ses propos sur plusieurs rapports officiels, dont le rapport Mapping du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ainsi que différentes résolutions onusiennes. Ces documents dénoncent des massacres ciblés, des épurations ethniques, des déplacements forcés, des exécutions sommaires et l’usage de violences sexuelles comme armes de guerre. Il a pointé du doigt le régime de Paul Kagame au Rwanda et ses alliés armés (RCD, CNDP, M23, AFC/M23), ainsi que des groupes étrangers tels que les FDLR, ADF-NALU et la LRA.
Parmi les actes les plus marquants, le ministre a cité «le massacre de Tingi-Tingi», où entre 100 000 et 300 000 réfugiés hutus auraient été tués en 1996, et celui de «Kalima», où 200 réfugiés ont été massacrés dans les territoires de Pangi et Kasongo. Il appelle à une mobilisation nationale et internationale pour que la vérité soit reconnue, la justice rendue et les victimes honorées.
Exauce Lompema