« Ils sont silencieux parce qu'ils bénéficient de la guerre d'agression en RDC » : à Barcelone, les jeunes Congolais appellent l’Occident à rompre l’inaction
À la suite de la manifestation organisée mardi 18 novembre à Barcelone contre les génocides en Afrique, particulièrement en RDC, Roland Mimi Ngoy, ambassadeur congolais engagé a dénoncé « la complicité des grandes puissances » dans la persistance des violences. Se confiant à ECHO.CD, il a justifié le choix de la place Idrissa Diallo, haut lieu de lutte contre le racisme et les violences faites aux communautés noires comme symbole de leur combat. « Nous sommes tous dans la région catalane et cette place est emblématique pour rappeler les résistances et les révolutions de notre peuple », a-t-il expliqué.
Selon Roland Mimi Ngoy, les manifestants pointent d’abord le rôle direct que jouent certaines puissances dans la déstabilisation du continent. « Ils financent les guerres, ils profitent de l'extraction minière illégale, ils ont besoin de nos ressources naturelles », a-t-il dénoncé, estimant que cette logique capitaliste nourrit à la fois les conflits en RDC, au Soudan et dans d’autres territoires meurtris par les violences armées. Il déplore la « faible médiatisation » des génocides, conséquence, selon lui, d’un système mondial qui invisibilise les souffrances des peuples africains pour préserver des intérêts économiques.
Revenant sur le silence des pays occidentaux, cette figure de proue de la diaspora en Espagne reste catégorique : « la timidité ou le silence des grandes puissances face au massacre dans l’Est du Congo fait partie de cette complicité. Ils sont silencieux parce qu’ils en bénéficient. » Il affirme que les principales entreprises impliquées dans l’exploitation minière en RDC sont issues de ces mêmes puissances, ou étroitement soutenues par elles. « Non seulement ils profitent des guerres d’agression, mais ce sont aussi des acteurs principaux », a-t-il insisté. À Barcelone, la diaspora congolaise appelle désormais l’Occident à sortir de l’inaction et à cesser de soutenir, directement ou indirectement, les mécanismes qui alimentent la violence en Afrique.
Exaucé KRANE