Kabila marque Tshisekedi à la culotte : «la République a cessé d’être démocratique, et la volonté du Chef de l’État tient désormais lieu de loi suprême»
La levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila jeudi 22 mai, au Sénat, a brisé son silence. S’adressant à la nation, dans la soirée de ce vendredi, l’ancien président Congolais a déploré «les conséquences négatives» de la gouvernance actuelle qu’elle qualifie de non orthodoxe. «Le pays est ainsi devenu un espace de non-droit ; la République a cessé d’être démocratique, et la volonté du Chef de l’État tient désormais lieu de loi suprême, supplantant la Constitution et les lois», a-t-il décrié, s’adressant directement et de manière regrettable à son successeur au pouvoir, Félix Tshisekedi.
D’un ton ferme, il a fustigé que le «populisme, la démagogie, la discrimination, la stigmatisation de certaines composantes du peuple congolais, l’institutionnalisation du tribalisme et du népotisme, l’opposition des communautés nationales les unes aux autres, les discours de haine et l’injustice ainsi que l’impunité, ont d’autant plus aisément détruit la cohésion nationale et le vivre ensemble». À l’en croire, ces faits sont devenus des maîtres mots de la classe politique au pouvoir, fragilisant le pays et le rendant ainsi vulnérable.
«La crise qui déchire notre pays est donc profonde et multidimensionnelle», a-t-il confié, estimant que «sa solution doit être nécessairement globale. Toute autre approche n’a donc aucune chance de conduire à une paix durable». Ainsi, il propose que «tous, au pays comme à travers le monde en tiennent compte, et qu’ils inscrivent leurs projets dans une perspective qui privilégie l’intérêt du Congo et des Congolais, plutôt que celui de ceux qui, à un moment ou à un autre, dirigent le pays.»
Exaucé KRANE