Lobito : la RDC entre dans l'ère des partenariats public-privé stratégiques (tribune de Jacques Tshipamba Ntambwe
La signature de la concession de la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania pour 30 ans marque un tournant dans la politique d’infrastructures de la République démocratique du Congo.
Au-delà du rail, Lobito consacre un nouveau paradigme : l’État ne doit plus être le seul financeur de son développement. Il doit devenir le stratège, le régulateur et le garant de la performance publique.
Avec plus de 1 000 km de voie ferrée et plus d’un milliard de dollars d’investissements annoncés, la concession transforme une infrastructure publique en actif économiquement bancable, capable d’attirer des capitaux privés et des financements institutionnels.
Le véritable enjeu n’est pas la concession. C’est la création de valeur.
Un PPP réussi repose sur une règle simple :
L’État conserve la maîtrise stratégique ; le privé apporte les capitaux, l’expertise et prend les risques qu’il est le mieux placé pour gérer.
Le modèle Lobito doit donc être évalué sur trois critères : investissement effectivement réalisé, performance du service et valeur créée pour l’État congolais.
La RDC doit surtout éviter les concessions qui privatisent les bénéfices tout en socialisant les risques.
Lobito doit devenir une doctrine
Le modèle peut désormais être appliqué à d’autres secteurs : mobilité urbaine, énergie, numérique, logistique, eau, infrastructures de sécurité et villes intelligentes.
La logique est claire :
Actif public ? concession ? financement privé ? exploitation performante ? revenus ? contrôle public ? création de valeur nationale.
La prochaine bataille n’est donc pas de multiplier les PPP.
C’est de construire des PPP bancables, transparents, équilibrés et souverains.
Lobito peut devenir le laboratoire de cette nouvelle doctrine.
La RDC ne doit plus seulement chercher de l’argent pour financer ses infrastructures. Elle doit apprendre à transformer ses infrastructures en instruments capables d’attirer l’argent, c’est là que commence véritablement l’ère des PPP en Afrique.
Par Jacques Tshipamba Ntambwe, Expert en management des grands projets publics et des partenariats public-privé (PPP)