• Publié le 20 Nov. 2025
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Lubumbashi : CORAC salue la suspension des activités de CDM et exige des garanties strictes avant toute reprise

La Coalition pour la Récupération des Actifs Miniers, Pétroliers et Forestiers du Peuple Congolais (CORAC) a exprimé lundi 17 novembre, sa satisfaction après la décision du gouvernement de suspendre les activités de Congo Dongfang International Mining (CDM) à Lubumbashi. Cette mesure, annoncée par le ministre des Mines Louis Watum Kabamba et réaffirmée par le président de la République lors du Conseil des ministres du 14 novembre 2025, fait suite à un grave incident environnemental causé par la rupture d’un bassin d’effluents toxiques ayant inondé plusieurs quartiers résidentiels.

Pour CORAC, cette catastrophe, qui a exposé des milliers de familles à des risques sanitaires majeurs, illustre une négligence inacceptable dans la gestion de substances dangereuses au cœur d’une zone densément peuplée. L’organisation rappelle que CDM, filiale du groupe chinois Zhejiang Huayou Cobalt, utilise des effluents acides et électrolytiques dans ses opérations, et estime que la protection des populations doit primer sur toute considération économique ou commerciale.

Avant toute éventuelle reprise d’activités, CORAC exige un ensemble de mesures strictes : un audit environnemental indépendant, un plan complet de remédiation incluant soins de santé et indemnisation des victimes, ainsi que la reconstruction intégrale des infrastructures de sécurité. Elle demande également la mise en place d’un mécanisme communautaire de plaintes, la publication de données sur les conditions de travail et la souscription obligatoire à une assurance environnementale couvrant les risques futurs.

La Coalition insiste en outre sur la nécessité d’un cadre de sanctions rigoureux. En cas de non-respect des conditions imposées, elle préconise la prolongation automatique de la suspension de CDM, voire le retrait définitif de sa licence en cas de récidive. CORAC appelle aussi à l’instauration d’un audit environnemental annuel, obligatoire pour toutes les entreprises minières opérant en RDC, afin de renforcer durablement la transparence et la responsabilité du secteur.

Enfin, l’organisation réaffirme que la souveraineté de la RDC ne doit souffrir d’aucune ingérence extérieure, quelle que soit l’origine des investisseurs. Tout opérateur, qu’il soit chinois, américain ou d’une autre nationalité, doit se conformer strictement aux lois nationales. CORAC promet de poursuivre sa veille citoyenne et d’accompagner les communautés affectées dans toutes les démarches légales nécessaires, y compris des actions judiciaires.

Exauce Lompema