RDC : Japhet Ngemi, l'un des rares artistes congolais de l'hyperréalisme, fait de son art un vecteur de résilience et de réflexion
Artiste visuel congolais, Japhet Ngemi fait partie du cercle restreint des représentants de l'hyperréalisme en République démocratique du Congo. Évoluant dans une discipline encore peu développée dans le pays, cet autodidacte a choisi ce courant artistique pour se démarquer et contribuer à sa vulgarisation.
Selon lui, ce choix est né de la rareté de ce style en RDC et de son désir d'explorer de nouvelles formes d'expression. Pour réaliser ses œuvres, Japhet Ngemi ne se limite pas à une seule technique. Il travaille au stylo, au crayon et au fusain, une diversité de médiums qui constitue aujourd'hui sa signature artistique.
L'artiste explique avoir découvert l'hyperréalisme il y a une dizaine d'années grâce à Internet, en observant les créations d'un artiste nigérian. Après plusieurs années de pratique et de recherches personnelles, il affirme avoir développé sa propre technique, lui permettant aujourd'hui de maîtriser ce style particulièrement exigeant.
À travers ses créations, Japhet Ngemi entend transmettre des messages de résilience tout en invitant le public à réfléchir sur des réalités sociales telles que la corruption, la perversion ou encore les limites imposées à l'être humain. Inspirées avant tout de son vécu personnel, ses œuvres sont conçues comme des concepts ouverts à l'interprétation du spectateur. Refusant de s'enfermer dans une thématique unique, l'artiste privilégie une liberté de création qui lui permet, selon les sujets, de développer des séries, à l'image de Perversion, une collection consacrée aux dérives de la société.
Henock Mukuna