RDC : plus de 26,5 millions de personnes frappées par l’insécurité alimentaire, la FAO et le PAM alertent sur une crise aggravée
La situation humanitaire continue de se détériorer en République démocratique du Congo, où plus de 26,5 millions de personnes ne parviennent plus à couvrir leurs besoins alimentaires de base, selon les dernières alertes de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial. Parmi elles, 3,6 millions vivent dans une situation d’urgence absolue. Les deux agences onusiennes tirent la sonnette d’alarme face à l’aggravation rapide de la faim dans le pays, alimentée notamment par les conflits armés, les déplacements massifs des populations et l’effondrement des moyens de subsistance.
Les provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika, demeurent les plus touchées par cette catastrophe humanitaire. Les violences armées y provoquent des déplacements massifs, détruisent les récoltes et empêchent des millions de familles d’accéder à la nourriture. Selon les données humanitaires, plus de 7,8 millions de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays. Les enfants figurent parmi les principales victimes de cette crise : entre janvier et juin 2026, plus de 4,18 millions d’enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë, tandis que plus de 1,3 million risquent de mourir sans une prise en charge rapide.
Face à l’ampleur des besoins, la réponse humanitaire reste largement insuffisante. Depuis le début de l’année, le PAM n’a pu assister qu’environ 1,3 million de personnes, faute de ressources financières adéquates. L’organisation fait état d’un déficit de financement de 214 millions de dollars jusqu’en octobre prochain. De son côté, la FAO réclame en urgence 163 millions de dollars supplémentaires afin de fournir des semences et des intrants agricoles aux populations vulnérables avant la fin des périodes de semis. Les agences humanitaires préviennent que chaque saison agricole perdue accentue davantage la dépendance des familles à l’aide alimentaire et risque d’aggraver encore la crise dans les mois à venir.
Exaucé KRANE