RDC : Pour l'ODEP, la levée des immunités parlementaires de Kabila nécessite un vote majoritaire du Congrès réuni, pas une simple décision du Sénat
La question de la levée des immunités parlementaires du président honoraire et sénateur à vie, Joseph Kabila a été au cœur d’une conférence de presse de ce jeudi 15 mai, à l’hôtel Everest, à Kinshasa. Intervenant sur la problématique, Florimond Muteba, PCA d’Observatoire de la Dépense publique (ODEP), a déploré la démarche, qu’il considère «biaisée», utilisée par la législation congolaise à l’encontre de cet ancien chef de l'État, accusé de collaborer avec les troupes rebelles qui sèment désolation dans l’Est de la RDC.
«Du point de vue de l'État de droit, on viole la loi sur les anciens présidents de la République. Cette loi dit que c'est le congrès réuni qui peut voter à sa grande majorité la levée des immunités parlementaires. Le sénat seul n'est pas le congrès», a-t-il confié, poursuivant qu’ «on peut considérer qu'une des causes de la guerre, de cette crise profonde que nous traversons, c'est la mauvaise gouvernance globale. Au Sénat, la mauvaise gouvernance a gagné par la violation des lois, de la constitution, l'arbitraire, etc.»
Considérant que le processus en cours ne respecte pas la loi qui exige le vote du Congrès, il met également à mal toutes les idées de cohésion nationale et d’un dialogue national inclusif. «Président Félix, stoppez cela et parlez avec votre prédécesseur», a-t-il recommandé au chef de l’État», l'interrogeant par ces mots : «Est-ce difficile de traiter directement avec celui qui vous a laissé paisiblement le fauteuil présidentiel ?»
Exaucé KRANE