RDC-USA : les investissements américains dans les minerais critiques se concrétisent sur le sol congolais
La République démocratique du Congo entend franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières, notamment le cuivre, le cobalt et le lithium. Cette ambition s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique conclu avec les États-Unis le 4 décembre 2025 autour des minerais critiques. À travers ce partenariat, Kinshasa cherche à attirer davantage d’investissements, à développer des chaînes de valeur structurées et à renforcer la transformation locale des ressources. Dans cette dynamique, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC) joue un rôle d’interface entre l’État congolais et les investisseurs privés.
La démarche de facilitation des investissements américains avait toutefois commencé avant la signature de cet accord. En septembre 2024, le Directeur général de l’APCSC, Maître Freddy Yodi Shembo, avait organisé à New York un déjeuner d’affaires réunissant plusieurs opérateurs économiques américains afin de présenter les opportunités d’investissement en RDC et les mécanismes d’accompagnement de l’Agence. Parmi les participants figuraient notamment des représentants de Kobold Metals DRC et de Virtus Mineral. Ces échanges ont depuis contribué à renforcer la présence de ces entreprises dans le secteur minier congolais, tandis que l’APCSC poursuit ses initiatives auprès des investisseurs et de la diaspora congolaise aux États-Unis.
À Lubumbashi, Kobold Metals DRC développe notamment des activités d’exploration minière, de digitalisation des données géologiques et s’intéresse au potentiel en lithium de Manono, dans la province du Tanganyika. De son côté, Virtus Mineral s’est engagé dans une nouvelle phase de développement des actifs de cuivre et de cobalt de Chemaf après leur acquisition en mars 2026. L’entreprise, associée au groupe indien Llyord Lithium Metals Energy, entend notamment contribuer à la relance des opérations minières, au développement des infrastructures de traitement, à la production et à la transformation locale, ainsi qu’à la création d’emplois et au renforcement des compétences congolaises.
La dynamique ne concerne pas uniquement l’exploitation minière, mais également les infrastructures nécessaires à l’acheminement des minerais. Le 26 août 2026, le Gouvernement congolais et la société portugaise Mota-Engil Africa ont signé à Kinshasa un contrat de concession et une convention de collaboration portant sur le financement, la réhabilitation, la modernisation et l’exploitation de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, dans le cadre du corridor de Lobito. Ce projet vise notamment à améliorer la connectivité régionale et à faciliter l’acheminement des minerais vers le port de Lobito, en Angola, illustrant l’importance des infrastructures dans la stratégie de valorisation des ressources minières congolaises.
À travers l’accompagnement et le suivi des conventions de collaboration, l’APCSC se positionne ainsi comme un acteur de facilitation entre les pouvoirs publics et les partenaires privés. La présence de Kobold Metals DRC et de Virtus Mineral, ainsi que les projets d’infrastructures liés au corridor de Lobito, témoignent de la multiplication des initiatives autour des minerais critiques et des infrastructures stratégiques. Pour la RDC, l’enjeu consiste désormais à transformer ces investissements en retombées durables, notamment à travers la production, la transformation locale, la création d’emplois, le transfert de compétences et le développement d’infrastructures au bénéfice de l’économie nationale.
Exauce Lompema