« Touche pas à ma Constitution ! » : L’avertissement solennel du Dr Denis Mukwege contre la révision constitutionnelle pour un 3e mandat
Le prix Nobel de la paix congolais, Denis Mukwege, a publié ce lundi 18 mai une déclaration vigoureuse mettant en garde contre un possible projet de révision constitutionnelle visant à permettre au président sortant de briguer un troisième mandat en 2028. Il dénonce une manœuvre portée par la majorité présidentielle et l’Union sacrée, qui, selon lui, menace les fondements démocratiques du pays en cherchant à instaurer un système basé sur le culte de la personnalité et à contourner le principe d’alternance. Le médecin alerte sur le fait que ce débat survient dans un contexte de crise multiforme, marqué par la guerre à l’Est et une gouvernance défaillante, et qu’il risque d’enfoncer la nation dans une instabilité institutionnelle grave.
Mukwege rappelle avec force que la souveraineté appartient au peuple et s’appuie sur la Loi fondamentale pour contester la légitimité même d’une telle révision. Il cite l’article 220 de la Constitution qui stipule que « le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle », ainsi que l’article 219 qui l’interdit en période de guerre ou d’urgence, comme c’est actuellement le cas dans l’Est du pays. Il fustige l’incohérence de ceux qui, après avoir dénoncé une « Constitution des étrangers », braderaient aujourd’hui les ressources stratégiques du pays à des puissances extérieures.
Dans un appel solennel au sursaut citoyen, le Nobel de la paix exhorte les Congolaises et les Congolais à se réapproprier leur Constitution et à rejeter toute dérive autoritaire. Il estime que les priorités absolues de la nation doivent être la fin de la guerre, la restauration de l’autorité de l’État sur tout le territoire et la réponse aux défis existentiels, plutôt qu’un débat explosif sur le contrat social. Sa déclaration se conclut par un vibrant plaidoyer pour l’unité nationale et la défense de l’État de droit, scandé par le slogan : « Touche pas à ma Constitution ! ».
Exauce Lompema