Sit-in du 12 juin : le VPM Shabani maintient un bilan provisoire de zéro décès, évoque des blessés et appelle à attendre les conclusions de l'enquête
Le vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, est revenu sur les événements du sit-in de l'opposition du 12 juin lors de son passage, dimanche 28 juin, sur le média télé 50. Interrogé sur les images montrant des policiers lançant des projectiles contre des manifestants, il a indiqué que des enquêtes internes au sein de la Police nationale congolaise ainsi qu'une procédure au niveau du parquet étaient en cours. « Par rapport aux policiers, je vous ai dit clairement qu'il y a des enquêtes internes. Attendons les conclusions », a-t-il déclaré.
S'agissant du bilan de cette manifestation, le VPM a rejeté toute « guerre des chiffres » avec l'opposition. Il a affirmé que les autorités disposent d'un rapport officiel faisant état, à ce stade, d'un bilan provisoire de zéro mort, tout en reconnaissant l'existence de plusieurs blessés et d'interpellations. « Nous avons un rapport très clair. Ici, sur cette question, bilan provisoire : zéro mort. Nous regrettons malheureusement qu'il y a eu certains blessés », a-t-il insisté, précisant que plusieurs personnes interpellées avaient déjà été libérées tandis que d'autres restent concernées par des procédures judiciaires.
Jacquemain Shabani a également défendu la gestion de l'ordre public en rappelant que les manifestants n'avaient pas respecté les orientations proposées par les autorités de la ville. Selon lui, le siège de l'Assemblée nationale constitue un lieu inviolable et toute tentative d'y accéder en violation des consignes pouvait compromettre l'ordre public. Évoquant les images largement relayées sur les réseaux sociaux, il a invité à attendre les conclusions de l'enquête, tout en mettant en doute certaines séquences diffusées.
Stupéfait, le VPM Shabani précise un fait lors du sit-in, « la particularité que nous avons eue, c'est que les leaders politiques de l'opposition, à la minute même où certains disaient : "Je vais mourir", avaient l'opportunité d'appeler une ambassade. On a vu du prétendu sang, des prétentions de blessures, tout cela filmé avec du matériel sophistiqué, mais personne ne vous a dit qu'on lui avait volé son téléphone », a-t-il révélé.
Le ministre de l'Intérieur a enfin révélé que les grands rassemblements sont soumis à des restrictions à Kinshasa depuis plus d'une année, notamment depuis le concert du pasteur Mike Kalambay. Il a expliqué que cette mesure est motivée par les contraintes liées à la sécurité dans une ville de près de 17 millions d'habitants et par les capacités encore limitées des services chargés du maintien de l'ordre. « Nous n'avons pas aujourd'hui une infrastructure capable de contenir 300 000 personnes dans des conditions optimales de sécurité », a-t-il fait savoir en conclusion.
Exauce Lompema