• Publié le 17 Aôut 2026
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Carbone Béni et Jean-Jacques Lumumba sur la guerre à l'Est de RDC : au-delà des pertes humaines, les conflits fragilisent le capital, la confiance et l’attractivité économique

Dans une tribune publiée ce lundi 17 août 2026, Jean-Jacques Lumumba, président du Collectif Restitution Afrique (RAF), et Carbone Beni, acteur de la société civile et président du mouvement social Patriote en Action pour l’Émergence de la République (PACTE), estiment que la guerre constitue également un frein majeur au développement de la République démocratique du Congo. Selon eux, les conflits ne se limitent pas aux pertes humaines, mais entraînent également « la destruction du temps, du capital et de la confiance », tout en affectant l’attractivité économique du pays.

Les deux acteurs soulignent que l’instabilité sécuritaire repousse les investissements, accroît les risques économiques et contraint l’État à consacrer d’importantes ressources aux dépenses sécuritaires. « La guerre ne détruit pas seulement des vies. Elle détruit du temps, du capital, de la confiance », écrivent-ils, estimant que ces ressources pourraient autrement être orientées vers des priorités essentielles au développement national.

Dans ce contexte, Jean-Jacques Lumumba et Carbone Beni considèrent les Accords de Washington comme une opportunité à ne pas minimiser. Ils estiment que ces accords ne concernent pas uniquement les questions sécuritaires, mais peuvent également ouvrir des perspectives économiques à travers les infrastructures, l’intégration régionale et les chaînes d’approvisionnement liées aux minerais stratégiques. Ils évoquent notamment les discussions engagées par le consortium américain Orion Critical Mineral Consortium autour d’une éventuelle coentreprise avec des partenaires liés aux intérêts de Glencore dans Mutanda Mining et Kamoto Copper Company.

Toutefois, les deux signataires appellent à ne pas confondre les annonces avec des investissements effectivement réalisés. « Une annonce n’est pas encore un investissement réalisé », préviennent-ils, pointant du doigt la guerre, l’incertitude politique et juridique, les conflits autour de certains titres miniers ainsi que les lenteurs de gouvernance. Pour eux, la RDC doit désormais parvenir à « rassurer les investisseurs » en garantissant la stabilité juridique, la prévisibilité institutionnelle, la sécurité et la compétence, conditions jugées indispensables pour transformer les opportunités économiques du pays en investissements concrets.


Exauce Lompema