• Publié le 6 Aôut 2026
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Tribune : L’Afrique ne manque pas de projets, elle doit réussir leur management (Jacques Tshipamba)

L’Afrique est à un tournant décisif de son histoire. Face à une croissance démographique soutenue, à l’urbanisation rapide, aux défis sécuritaires et aux impératifs de transformation économique, le continent doit accélérer la réalisation d’infrastructures de qualité et moderniser l’action publique. Le véritable défi n’est plus d’identifier des projets de développement, mais de les concevoir, de les financer, de les exécuter et de les gérer efficacement.

Chaque année, des milliards de dollars sont mobilisés pour financer des projets publics. Pourtant, nombre d’entre eux accusent des retards, enregistrent des dépassements de coûts ou n’atteignent pas les objectifs fixés. Ces contre-performances trouvent souvent leur origine dans des insuffisances de gouvernance, une préparation technique limitée, une faible maîtrise des risques ou un déficit de coordination institutionnelle.

Le XXI? siècle sera celui des États capables de transformer leurs investissements publics en résultats concrets. Cela suppose une administration performante, fondée sur la planification stratégique, la transparence, la redevabilité et l’évaluation permanente de la performance. Le management des grands projets publics doit devenir une fonction stratégique de l’État.

Dans cette dynamique, les partenariats public-privé représentent un levier majeur pour combler le déficit de financement des infrastructures et améliorer la qualité des services publics. Correctement structurés, ils permettent d’associer les capacités financières, technologiques et managériales du secteur privé aux objectifs de développement poursuivis par les pouvoirs publics. Toutefois, leur réussite exige un cadre juridique stable, une répartition équilibrée des risques, des institutions fortes et une expertise de haut niveau dans la négociation, l’exécution et le suivi des contrats.

L’Afrique doit également investir dans le renforcement des compétences de ses cadres publics. La professionnalisation des gestionnaires de projets, la maîtrise des outils modernes de gouvernance, l’utilisation de l’intelligence artificielle, de l’analyse des données et des technologies numériques constituent désormais des facteurs déterminants de réussite.

Au-delà de la construction d’infrastructures, les grands projets publics doivent être conçus comme des instruments de souveraineté, de sécurité, de création d’emplois, d’intégration régionale et de compétitivité économique. Chaque investissement doit produire un impact durable, mesurable et bénéfique pour les populations.

Le développement du continent ne dépendra pas uniquement de l’ampleur des financements mobilisés, mais surtout de la qualité du leadership, de la solidité des institutions et de la capacité des États à exécuter efficacement leurs projets stratégiques.

L’Afrique possède les ressources, les talents et les ambitions nécessaires pour réussir sa transformation. Le moment est venu de faire du management des grands projets publics et des partenariats public-privé un pilier de la gouvernance moderne. C’est à cette condition que le continent pourra convertir son immense potentiel en prospérité durable, renforcer sa souveraineté et offrir aux générations futures un développement inclusif, résilient et durable.

Par Monsieur Jacques Tshipamba Ntambwe, Expert certifié en management des grands projets publics et en partenariats public-privé